Auteur: 
Luiza Wojciechowska, élève en OS ARV


Discours: 

Mes bien chers enfants,

Quelle joie de vous revoir ! Chaque année, je me réjouis d’apporter un peu de lumière, de chaleur et des biscômes, bien sûr, à Fribourg. Sœur Emmanuelle, l’Abbé Pierre et Mère Theresa me disaient récemment que j’étais trop vieux pour de si longs voyages, mais mon cœur rajeunit à chaque fois que je vois vos sourires et vos mains emmitouflées qui se tendent vers moi.

Meine lieben Kinder,

Jedesmal wenn ich euch sehe, füllt sich mein Herz mit Freude und liebe. Euer Lachen erleuchtet in der Stadt. Ihr merkt es vielleicht nicht, aber ich finde es überwältigend ! Während ein paar Stunden ist Freiburg glücklich, lacht und vergisst seine Sorgen.

Vos tracas, vous les avez aussi oubliés quand vous suiviez avec passion les matchs de l’Eurofoot et que vous laissiez exploser votre joie aux buts de l’équipe suisse. Enfin, pas seulement ceux des Suisses : il n’y aurait pas eu de quoi se réjouir beaucoup. Je vous observais, petits et grands, tous les jours impatients de vibrer pendant les matchs. Vous retrouver tous réunis, romands et alémaniques, dans un même élan, m’a fort réjoui ! Mais finalement, quoi de plus normal que l’équipe suisse joue les réunificateurs quand son entraîneur-adjoint s’appelle Michel … Pont, qui a bien anticipé celui de la Poya qui montre enfin le bout de sa passerelle !

Mes enfants ! Pendant que je marchais vers Fribourg à côté de mon âne, j’ai été pris dans une tempête. Il soufflait et neigeait tellement que je ne voyais presque plus rien. Mon âne peinait dans la neige et refusait d’avancer. C’est à ce moment-là que j’ai vu un immense chêne tout près. Je me suis approché pour me mettre un peu à l’abri et laisser mon âne se reposer. En baissant les yeux, j’ai vu un tout petit arbre qui poussait au pied du grand tronc. Cet arbre-là était aussi protégé de la tempête, comme moi, à l’abri de tout danger.
Mes enfants, n’oubliez pas que vos proches, votre famille vous protègent. Ce sont des remparts, comme ceux qui entourent ma bonne vieille ville, qui vous permettent de grandir en sécurité.

Ich habe festgestellt, dass die Freiburger sich auch viel mit Kunst beschäftigt haben. Einige haben die Falaise der Saane beleuchtet, während andere fleissig ein Theater im Stadtzentrum bauen. Die Kultur nimmt endlich wieder die Oberhand an diesem Ort wo einst der Mann aus dem Norden die Reste der Stadtmauer zerstört hatte.

J’ai aussi été très agréablement surpris de voir que les Fribourgeois ne jugent plus autant d’après la couleur de peau. Même les gens qui étaient autrefois suspects à cause de leur étrange « rire doré » peuvent espérer participer à la vie publique. Quant à l’Amérique, elle a marché sur les traces de Fribourg en chantant un vibrant Lyoba … ma !

Habt ihr euch je gefragt, warum ich jedes Jahr zurückkomme ? ( le père fouettard souffle quelque chose à l‘oreille ) Ja Schmutzli, ich weiss, dass du die Biberlis magst, aber es ist nicht der einzige Grund (sourire). Ich bin auch unvermeidlich in der Geschichte von Freiburg. Jedes Jahr erinnere ich die Freiburger an die Werte und zeige ihnen, dass man geben kann ohne etwas zurückzubekommen. (éternue) (en singinois). Das ist ein echter Teufelschnupfen ! (räuspert sich) Vor einigen Jahren, als mein Schlitten wieder einmal im Schnee feststecke, traf ich ein paar Bobfahrer aus Jamaika. Sie hatten lustige Haare und einen komischen Schlitten aus Metal aber sie haben mir sofort ihre Hilfe angeboten und mir so bewiesen, dass die Hilfsbereitschaft nicht durch Kulturunterschiede begrenzt ist.

La plupart d’entre vous s’attendent probablement à ce que je parle longuement de la grande crises des petits sous. Je n’en ferai rien. Je vais laisser les grosses légumes se débrouiller avec leurs semences qui ont fait chou blanc. Leur oseille n’a plus la cote et il paraît que les banques n’ont plus un radis.
Tout ce que j’espère, c’est que vous, mes chers Fribourgeois, puissiez retrouver la patate qui vous a fait surmonter tant de crises et de situations … mi-figue, mi-raisin !

Je sais qu’entre événements sportifs, votations polémiques et fins du monde que l’on annonce plusieurs fois par année, vous avez de quoi vous occuper. Mais maintenant que je dois vous quitter, j’aimerais vous dire, à l’heure où votre argent de poche et vos économies se font la malle, de ne surtout pas oublier que l’espoir lui ne peut vous être enlevé. Que ce soit Hoffnung, hope ou esperenza, le monde entier doit espérer pour vivre et aimer.

Meine lieben Kinder, es war mir eine grosse Freude wieder nach Freiburg zu kommen. Ich hoffe, ihr werdet auch dieses Jahr folgsam und respektvoll sein. Von den grösseren erwarte ich Einfühlsamkeit und Altruismus. Aber jetzt ist es leider schon wieder Zeit Abschied, äh Abschied zu nehmen.

Auf Wiedersehen meine Kinder ! Wir sehen uns in einem Jahr wieder !

Je vous aime, tous autant que vous êtes !
Adieu donc, enfants bénis de mon cœur !

St-Nicolas